En cette fin de mois de novembre, retrouvez les actus santé mentale de ces dernières semaines : entre nouvelles initiatives de prévention, avancées scientifiques, et campagnes de sensibilisation, ce récapitulatif vous informe sur les dynamiques actuelles abordant les troubles psychiques. Dans un contexte où la santé mentale prend une place toujours plus importante dans le débat public, faisons le point sur les dernières tendances et actualités majeures.
1. Le programme Apidep (CHU Dijon)
À Dijon, au CHU, un programme d’éducation thérapeutique vient structurer l’après-épisode dépressif. Il s’appelle Apidep, pour “Accompagnement post-initial dépressif”. Ce programme consiste en six séances de groupe, co-animées par des infirmiers, des psychiatres, des psychologues ou des neuropsychologues. Des thématiques telles que les signes annonciateurs, les stratégies d’adaptation et la compréhension de la maladie y sont travaillées.
Les outils utilisés au cours de l’accompagnement sont variés : approche narrative, photo-expression, pleine conscience. Une séance est exclusivement dédiée aux proches. Un point à six mois, appelé Café Apidep (informel, convivial et rassurant) est organisé et permet d’ajuster les besoins des participants. Les résultats sont parlants : aucune réhospitalisation observée et une hausse de l’estime de soi.
Pour en savoir plus : cliquez içi G. Chabridon, psychiatre, C. Fayard, infirmière. Contact : J. Royer, cadre de santé, julien.royer@chu-dijon.fr
2. Diabète et santé mentale (baromètre DiaMind)
Le baromètre DiaMind montre un lien fort entre diabète et détresse psychique. Un tiers des personnes vivant avec un diabète ont déjà eu un diagnostic de trouble mental. 16 % d’entre eux présentent des signes pouvant évoquer une dépression, et 28 % des signaux suggérant une anxiété. Pour les personnes vivant avec le diabète, la charge mentale est élevée : contraintes quotidiennes, peur des complications, isolement, etc. Elle est particulièrement présente chez les personnes en situation de précarité financière, chez les femmes et chez les personnes vivant avec un diabète de type 1, en lien avec des facteurs sociaux, hormonaux et médicaux qui augmentent la vulnérabilité.
Pour la Fédération Française des Diabétiques, la détresse liée au diabète doit être reconnue comme une complication à part entière. Cela implique de mieux repérer, de mieux écouter et de créer des parcours somato-psychiques intégrés.
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3. “Le monde est psy !” : la BD qui explore les troubles psychiques
La BD “Le monde est psy !” réunit trois voix : une psychiatre, un écrivain et un dessinateur. Elle part d’un dialogue entre Jasmina Mallet, psychiatre, et Benoît Broyart, écrivain qui explore les liens entre création artistique et troubles psychiques.
Les auteurs abordent plusieurs réalités cliniques fréquentes : dépression, bipolarité, schizophrénie, autisme, etc, des situations qui concernent environ 1/5 des personnes en France. Le livre mélange récit personnel, réflexion clinique et approche artistique. C’est un support utile pour initier les jeunes aux troubles psychiques, ayant généralement du mal à s’approprier les outils institutionnels à disposition.
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4. Le Film “Les Rêveurs” pour réduire les tabous sur la santé mentale chez les jeunes
“Les Rêveurs” s’appuie sur un fait réel : l’hospitalisation d’une adolescente après une tentative de suicide. Le film de la réalisatrice Isabelle Carré, soutenu par la Fondation pour la Recherche Médicale, revient sur l’hospitalisation d’adolescents à Necker. On y voit des jeunes confrontés à l’anxiété, aux idées suicidaires et à la difficulté de dire ce qu’ils vivent. Il rappelle l’augmentation des gestes auto-infligés chez les filles de 10 à 14 ans, documentée dans de nombreuses enquêtes nationales.
Ce type de film participe à réduire les tabous et à rendre visibles des situations difficiles mais réelles sur les troubles psychiques chez les jeunes.
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5. Climbin’Réhab (Lyon) utilise l’escalade comme outil de réhabilitation.
À Lyon, l’escalade devient un outil de réhabilitation avec Climbin’Réhab. Les séances réunissent un éducateur en Activité Physique et Adaptée (APA), un pair-aidant et les patients, dans une posture d’horizontalité.
La pratique de l’escalade mobilise l’attention, la planification, la coordination et la gestion du stress. Les participants décrivent un effet bénéfique sur la motivation, l’envie de reprendre une activité physique et le sentiment d’appartenance à un groupe.
Pour certains, la pratique facilite aussi la relation avec les soignants, car l’interaction se construit dans l’activité physique plutôt que dans le face-à-face classique.
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A travers ces actualités en santé mentale du mois de novembre, un fil conducteur apparaît : mieux repérer, intervenir plus tôt, intégrer le psychique et le somatique, diversifier les médiations, et privilégier la prévention plutôt que la répression.