En cette fin de mois de décembre, retrouvez les actus santé mentale de ces dernières semaines : entre nouvelles initiatives de prévention, avancées scientifiques, et campagnes de sensibilisation, ce récapitulatif vous informe sur les dynamiques actuelles abordant les troubles psychiques. Dans un contexte où la santé mentale prend une place toujours plus importante dans le débat public, faisons le point sur les dernières tendances et actualités majeures.
1. Montres et bagues connectées : quand la technologie nous rend anxieux
Les montres et bagues connectées se sont largement diffusées dans le quotidien. Elles permettent de suivre le sommeil, le rythme cardiaque ou l’activité physique. Mais certaines études montrent que ce suivi continu peut aussi augmenter l’anxiété liée à la santé.
Certaines personnes vont interpréter les données comme des signaux médicaux, mais sans cadre clinique. Le problème n’est pas l’outil en lui-même, mais l’absence d’accompagnement dans la lecture des chiffres. Cela interroge donc notre rapport à l’auto-surveillance et à la médicalisation du quotidien.
Ce point fait écho à un autre sujet abordé dans les échanges récents en psychiatrie : le phénotypage numérique. Le phénotypage numérique est le fait d’utiliser les données de nos usages quotidiens, téléphones, montres connectées, applications pour repérer des changements de comportement potentiellement associés à une souffrance psychique.
Içi, l’objectif n’est pas l’auto-surveillance, mais l’utilisation de données passives pour repérer des signaux faibles, comme une baisse d’activité ou une modification du sommeil.
Le Pr Ludovic Samalin et le psychiatre Gabriel Robert sont très clairs à ce sujet : ces données ne sont jamais un diagnostic. Elles n’ont de sens que si elles sont interprétées par un professionnel, dans un cadre clinique et éthique. Sans cela, on retrouve les mêmes effets anxiogènes que ceux décrits avec les objets connectés.
Pour en savoir plus : cliquez içi
2. Le film “Une page après l’autre”
Le film “Une page après l’autre” s’inspire d’une vague de suicides survenue à Hong Kong à la fin des années 2010. Le long-métrage aborde la question du suicide chez les adolescents. Le film ne se contente pas de raconter un drame individuel. Il interprète ces situations dans un contexte social précis, marqué par une forte pression scolaire et par une grande difficulté à évoquer le sujet du suicide. Le réalisateur montre cela très clairement : dès l’enfance, les individus sont comparés aux autres et poussés à la rivalité.
Le film ne cherche pas à désigner des responsables de cette vague de suicides, mais à réfléchir sur ce qui rend difficile le repérage des signaux de détresse psychique, sur la place de la parole en santé mentale et sur les conditions nécessaires à une prévention plus efficace et précoce.
Pour en savoir plus : cliquez içi
3. L’état de santé des Français toujours très marqué par les inégalités sociales
Le Baromètre de Santé publique France, publié fin 2025 à partir des données de 2024, a été réalisé sur près de 35 000 adultes âgés de 18 à 79 ans. Il montre qu’environ deux français sur trois (68%) se déclarent en bonne ou très bonne santé. Mais cette statistique révèle certaines nuances. Les personnes en difficulté financière déclarent plus souvent une santé générale dégradée et cumulent davantage de comportements à risque (cigarette, alcool, insomnie).
Sur le plan de la santé mentale, un français sur six rapporte avoir vécu un épisode dépressif l’année dernière. La moitié d’entre eux n’a pas consulté de professionnel de santé. Ce baromètre montre que les conditions de vie, les comportements du quotidien et l’accès aux soins façonnent les parcours de santé.
Pour en savoir plus : cliquez içi ou içi
4. Formation PSSM prévue pour février 2026
Une formation Premiers Secours en Santé Mentale va être lancée à partir de février 2026. Elle s’adresse à un public large, et pas uniquement aux soignants. L’objectif de cette formation est d’être en capacité d’apporter de l’aide à une personne qui est sujet à un début de trouble de santé mentale, à une détérioration d’un trouble de santé mentale ou qui est dans une phase de crise de santé mentale. Ce n’est pas une formation au soin, mais un outil de repérage précoce.
Les premiers secours sont délivrés jusqu’à ce qu’une aide professionnelle puisse être proposée ou jusqu’à ce que la crise soit terminée. Elle répond directement aux enjeux de non-recours et d’intervention trop tardive. Les tarifs vont de gratuit pour les membres de la CPTS de Bagneux à 100 ou 200 euros pour les externes selon la situation.
Pour en savoir plus : cliquez içi
5. Santé mentale : Grande cause nationale
La santé mentale est la Grande cause nationale de 2025, en France. Cette priorité vient d’être prolongée pour 2026. C’est un enjeu particulièrement important pour les nouvelles générations. Selon l’OMS, il n’y a pas de santé sans santé mentale.
En 2024, 14 % des collégiens ainsi que 15 % des lycéens présentaient un risque majeur de dépression selon les chiffres de Santé Publique France.
Plus de 50 % des collégiens et des lycéens présentent des plaintes psychologiques ou somatiques hebdomadaires telles que des difficultés à trouver le sommeil, la nervosité, l’irritabilité ou les douleurs de dos. Près de 936 000 jeunes ont disposé d’un remboursement de psychotrope en 2023, soit une augmentation significative de 18 % en comparaison à 2019. Les jeunes entre 15 et 25 ans disent avoir une relation nocive, voire toxique, avec leur téléphone : 38 % se considèrent addicts et 34 % trouvent leur relation comme négative.
Ainsi, l’alignement, entre les moyens mis à disposition et les réponses aux besoins du terrain, reste primordiale dans ce contexte d’importance majeure pour la santé publique des français.
Pour en savoir plus : cliquez içi
A travers ces actualités en santé mentale du mois de décembre, un fil conducteur apparaît : mieux repérer, intervenir plus tôt, intégrer le psychique et le somatique, diversifier les médiations, et privilégier la prévention plutôt que la répression.