Réhabilitation des capacités cognitives par la réalité virtuelle
RECAP-VR

Étude pilote en VR pour cibler et entraîner des fonctions cognitives clés : la mémoire prospective (se souvenir de faire), la planification et la cognition spatiale.

Contexte

Les troubles psychotiques qui apparaissent chez les adolescents et les jeunes adultes s’accompagnent fréquemment de difficultés cognitives, notamment en matière de mémoire, d’organisation ou d’orientation (Toscano et al., 2023).

Ces altérations peuvent rendre les activités du quotidien plus complexes et influencer négativement l’autonomie. Face à ces enjeux, il apparaît nécessaire d’explorer des approches complémentaires aux prises en charge habituelles.

Les technologies numériques et en particulier la réalité virtuelle (VR), ouvrent aujourd’hui des perspectives innovantes pour stimuler et réhabiliter les fonctions cognitives grâce à des expériences immersives et interactives probantes (Du et al., 2025).

Présentation

Dans cette dynamique, le projet RECAP, porté par Prépsy, explore cette piste prometteuse. Il s’agit d’une étude pilote utilisant la VR comme média visant à cibler et entraîner des fonctions cognitives clés : la mémoire prospective (se souvenir de faire), la planification et la cognition spatiale.

Son but est de vérifier si des sessions en VR peuvent aider ces jeunes à récupérer des compétences utiles, pour une vie quotidienne plus autonome et indépendante.

Organisation scientifique

Afin de garantir la rigueur scientifique du projet, Prépsy s’est associé avec un ingénieur de recherche du laboratoire LMC² du Pr Pascale Piolino (Langage, Mémoire, Cerveau & Cognition – Université Paris Cité). Les séances de réalité virtuelle ainsi que la collecte des données sont assurées par ce dernier, tandis que les évaluations neuropsychologiques, réalisées en amont et en aval des sessions, sont conduites par Marie Macquet, neuropsychologue à Prépsy. La coordination globale de l’étude est pilotée par Gaspard Fourchard, chargé de mission innovation et recherche scientifique à Prépsy.

Cette étroite collaboration entre pratique clinique et recherche académique permet d’évaluer précisément l’effet du programme sur les fonctions exécutives et de poser les bases d’une future prise en charge complémentaire, innovante et fondée sur des données scientifiques.

Pourquoi la réalité virtuelle ?

Ces dernières années, la VR a montré des résultats prometteurs dans le champ de la psychiatrie comme la réduction de certains symptômes de la schizophrénie, l’amélioration des états de stress post traumatique ou des phobies ; notamment via l’exposition graduée à des situations réputées anxiogènes pour le patient.

Son intérêt ?

La VR permet de recréer des situations proches du réel, dans un environnement immersif, sécurisé et contrôlé (Plancher & Piolino, 2012). Elle stimule les fonctions cognitives essentielles que sont la mémoire, l’attention, la planification, l’orientation ou encore la résolution de problèmes (Yang et al., 2025).

À Prépsy, où la remédiation cognitive fait partie intégrante de l’accompagnement, la VR s’impose comme un outil particulièrement pertinent. Elle permet notamment de :

  • Reproduire des situations du quotidien (déplacements, organisation d’activités, orientation en ville)
  • Faire le lien entre les exercices papier-crayon et les mises en situation dans la vie réelle
  • Proposer un cadre immersif et engageant, souvent perçu comme moins anxiogène et plus motivant…

Objectifs du projet

Le projet RECAP vise à comprendre si la VR peut aider les participants à améliorer certaines capacités cognitives utiles au quotidien, comme :

  • Se souvenir de tâches à réaliser plus tard (mémoire prospective)
  • Mieux s’organiser et planifier
  • Se repérer dans un environnement et s’orienter…

L’étude compare les performances cognitives avant et après les séances de VR, à l’aide de tests neuropsychologiques.

A court terme, si les résultats s’avéraient encourageants, une réponse conjointe entre Prépsy et le laboratoire LMC² à un appel à projet pourrait être envisagée afin d’élargir l’étude. A plus long terme, RECAP pourrait ouvrir la voie à une utilisation plus large de la VR dans les dispositifs médico-sociaux, en s’inscrivant comme technique de réhabilitation dans le secteur de la santé mentale.

Questions fréquentes

  1. Entretien d’inclusion
  2. Un premier échange permet de vérifier si la participation est adaptée et s’il n’existe pas de contre indications à l’usage de la VR.

  3. Première session de tests cognitifs
  4. La neuropsychologue réalise une série d’évaluations portant notamment sur la mémoire prospective, la planification, l’attention ou encore la flexibilité mentale.

  5. Séance de VR au laboratoire
  6. Le participant évolue dans un environnement virtuel inspiré des rues, commerces, passants de Paris et Boulogne-Billancourt. Celui-ci doit réaliser différentes tâches (se repérer, planifier un trajet, mémoriser des informations). L’ingénieur d’étude l’accompagne et collecte les données nécessaires à l’analyse.

  7. Deuxième session de tests cognitifs
  8. Un second bilan permet de mesurer les évolutions des capacités cognitives évaluées après l’expérience en VR.

  9. Interprétation des résultats
  10. Les données collectées sont ensuite analysées afin d’identifier les progrès éventuels et d’évaluer le potentiel de la VR comme outil de remédiation cognitive.

Pour le moment, l’étude est ouverte uniquement aux usagers accompagnés par le SAMSAH Prépsy répondant aux critères définis dans le protocole de recherche.

SOS