Prépsy Actu Février 2026

En cette fin de mois de février, découvrez les actus santé mentale de ces dernières semaines : entre nouvelles initiatives de prévention, avancées scientifiques, et campagnes de sensibilisation, ce récapitulatif vous informe sur les dynamiques actuelles abordant les troubles psychiques. Dans un contexte où la santé mentale prend une place toujours plus importante dans le débat public, faisons le point sur les dernières tendances et actualités majeures.

1. HAS – Autisme de l’enfant (recommandations 2026)

La Haute Autorité de santé (HAS) a publié de nouvelles recommandations de bonnes pratiques pour la prise en charge du trouble du spectre de l’autisme (TSA) chez les nourrissons, enfants et adolescents. Elles actualisent des recommandations de 2012 et visent à améliorer la qualité des interventions afin de favoriser un parcours de vie cohérent et adapté pour les enfants autistes.

La HAS recommande des interventions développementales et comportementales, mises en place le plus tôt possible et adaptées à chaque enfant. Ces interventions couvrent des domaines comme la communication, les habiletés sociales, la motricité et la sensorialité, avec une évaluation multidimensionnelle régulière pour ajuster les objectifs.

À l’inverse, d’autres pratiques sans preuves scientifiques suffisantes, comme la méthode Snoezelen, le neurofeedback ou le packing ne sont pas recommandées dans la prise en charge des TSA. Cette position s’appuie sur l’absence de preuves solides d’efficacité de ces approches pour améliorer les symptômes liés à l’autisme.

Le document insiste aussi sur l’importance du soutien et de la formation des familles, qui jouent un rôle clé dans l’accompagnement quotidien de l’enfant, ainsi que sur la coordination entre professionnels et structures pour une approche globale.

Enfin, ces recommandations visent à favoriser une inclusion sociale et scolaire accrue, en adaptant les environnements de vie aux besoins spécifiques des enfants avec TSA et en soutenant leur autonomie à long terme.

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2. Guide 2026 — TDAH & addictions (Délégation TND + MILDECA)

Un guide national consacré au TDAH et aux addictions a été publié par la Délégation interministérielle à la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement avec l’appui de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA).

Intitulé « Mieux repérer, orienter et prendre en charge le TDAH chez les patients de la filière addictologique », ce document vise à améliorer la réponse apportée aux personnes présentant un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité associé à des conduites addictives.

Les données scientifiques montrent que le TDAH non diagnostiqué ou insuffisamment pris en charge constitue un facteur de risque majeur de développement d’addictions, avec des répercussions durables sur la santé, la vie sociale et l’insertion professionnelle.

Le guide fixe trois priorités :

  • renforcer le repérage du TDAH chez les personnes suivies en addictologie ;
  • favoriser des parcours de soins coordonnés entre les secteurs de l’addictologie et du neurodéveloppement ;
  • propager des recommandations fondées sur les données probantes et les bonnes pratiques professionnelles.

Il propose des repères cliniques pour mieux identifier les situations de comorbidité, orienter les patients et structurer la prise en charge.

Le document insiste également sur la nécessité de décloisonner les dispositifs, d’améliorer l’accès aux soins et de réduire les inégalités territoriales.

Des enjeux de santé publique sont soulignés, notamment la prévention des addictions, l’organisation des filières spécialisées et l’encadrement des prescriptions médicamenteuses.

L’objectif est d’améliorer la qualité des parcours de soins et, à terme, la qualité de vie des personnes concernées et de leurs proches.

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3. Callyope — IA vocale pour le suivi en psychiatrie

La start-up française Callyope développe un outil d’intelligence artificielle (IA) destiné à aider les psychiatres à anticiper les risques de rechute chez leurs patients souffrant de troubles psychiatriques comme la dépression, la schizophrénie ou les troubles bipolaires. Elle exploite des données vocales recueillies lors d’enregistrements de la parole des patients et les analyse avec des modèles d’IA pour détecter des signaux subtils d’évolution clinique avant qu’ils ne deviennent visibles en consultation.

L’outil ne remplace pas l’avis médical mais fournit des données objectives et prédictives pour réduire les rechutes, les hospitalisations et améliorer la qualité des soins.

Le système repose sur le traitement automatisé de la voix et sur des techniques d’apprentissage automatique capables de corréler des caractéristiques vocales à des symptômes psychiatriques.

Cette technologie s’inscrit dans un mouvement plus large d’intégration de l’IA dans la santé mentale, qui vise à mieux personnaliser le suivi des patients et à compenser le manque de ressources humaines en psychiatrie.

Cet outil illustre la manière dont la santé numérique et l’IA générative commencent à transformer le suivi des patients psychiatriques vers des modèles plus prédictifs et personnalisés.

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4. Alysa Liu — témoignage médiatique : santé mentale et pression

Après être sortie de sa retraite prise à 16 ans en raison de l’épuisement lié à la compétition, l’Américaine de 20 ans est redevenue championne olympique de patinage artistique aux Jeux de Milan-Cortina. Dans ses déclarations, elle explique que ses études de psychologie et son parcours personnel l’ont aidée à mieux gérer sa santé mentale et émotionnelle au plus haut niveau.

Avec l’attention accrue due à son titre, Alysa Liu dit vouloir profiter de sa visibilité pour sensibiliser le public à la santé mentale, en particulier dans le sport, un sujet qu’elle juge important. Elle affirme ne pas savoir exactement comment gérer la célébrité, mais espère que son histoire personnelle inspirera d’autres personnes à parler de santé mentale.

Alysa Liu décrit l’importance des relations humaines, de l’entourage familial et amical, et de la curiosité pour des activités et loisirs en dehors du sport comme moyens de maintenir un équilibre et de se protéger contre la pression médiatique.

En évoquant combien son parcours a été « incroyable », elle souligne que sa vie et ses expériences, positives comme difficiles, sont des éléments clés qu’elle souhaite partager pour encourager une meilleure compréhension de la santé mentale dans le sport et même au-delà.

Son message met en avant l’idée que la santé mentale mérite d’être discutée aussi ouvertement, en particulier auprès des athlètes jeunes et exposés rapidement.

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5. Relax Box — outil de désescalade en unité d’hospitalisation

Au Centre Hospitalier d’Erstein, l’unité Saint-Exupéry a mis en place depuis 2024 une Relax Box comme dispositif concret pour aider les adolescents hospitalisés, notamment ceux souffrant de troubles psychotiques, à mieux gérer le stress et les débordements émotionnels.

La Relax Box est une boîte personnalisée contenant des objets ressources, balles antistress, huiles parfumées, musiques apaisantes, textures douces, cartes mémo ou techniques de respiration, le tout choisi en coopération avec le jeune. La Relax Box permet de mobiliser les cinq sens pour favoriser la régulation des tensions et éviter les débordements.

Chaque lundi, les soignants de l’unité animent un atelier thérapeutique d’1 h 30 avec un groupe de jeunes. Ce temps est consacré à explorer les mécanismes de gestion du stress, les tensions, les outils disponibles et la composition de leur Relax Box.

La boîte est ensuite laissée à disposition du jeune dans sa chambre : lorsqu’un état d’agitation ou d’angoisse apparaît, il peut s’en saisir spontanément ou sur proposition des soignants. Au fil du temps, la Relax Box est enrichie d’objets personnels.

Le Centre hospitalier observe une réduction du recours à l’isolement et une baisse de l’auto et hétéro-agressivité depuis l’introduction de cet outil. Les adolescents utilisent la boîte pour canaliser leurs émotions, prévenir l’automutilation et soutenir la désescalade des crises d’anxiété ou de colère.

La démarche s’inscrit dans une approche de soin global et participatif : en impliquant les patients dans la constitution de leurs propres ressources, elle encourage l’autonomie, la compréhension de soi et de la maladie, ainsi qu’une meilleure implication dans le parcours de soin.

Ce projet a été récompensé par le 2ᵉ Prix des équipes soignantes en psychiatrie 2025 lors des 11ᵉ Rencontres soignantes en psychiatrie, soulignant son intérêt clinique et son impact positif dans le soin aux jeunes.

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A travers ces actualités en santé mentale du mois de février, un fil conducteur apparaît : mieux repérer, intervenir plus tôt, intégrer le psychique et le somatique, diversifier les médiations, et privilégier la prévention plutôt que la répression.

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