Prépsy Actu Septembre 2026 : arts, bipolarité et réseaux sociaux

Plusieurs actualités de septembre mettent les arts en lien avec la santé mentale. Une pièce de théâtre intègre la thérapie comportementale dialectique à sa création, les SISM (Semaines d’Information sur la Santé Mentale) consacrent leur nouvelle édition aux pratiques artistiques, une série documentaire aborde la bipolarité et un film nous plonge dans une unité de pédopsychiatrie.

Aux États-Unis, un projet d’accord avec Meta pose en parallèle la question de la protection des mineurs sur Instagram et Facebook.

La thérapie comportementale dialectique sur scène

Du 23 septembre au 3 octobre, le Théâtre 13, à Paris, présente Qui pour protéger les monstres des cauchemars ?, une création de Mélo Lauret et Élisa Monteil. Le spectacle explore le trauma, la santé mentale et leurs effets sur la relation amoureuse.

Mélo Lauret s’appuie sur son expérience vécue, des archives, des entretiens audio et des notes de sa psychiatre. La thérapie comportementale dialectique, ou TCD, fait également partie de la création. Le Théâtre 13 présente ainsi la scène comme un « laboratoire d’entraînement aux compétences de TCD ».

Cette approche thérapeutique vise notamment à mieux comprendre et réguler des émotions intenses. Son utilisation sur scène ne transforme toutefois pas le spectacle en dispositif de soin. Elle devient ici une matière artistique permettant de raconter une expérience et d’ouvrir la discussion sur la santé mentale.

Le spectacle dure 1 h 30 et est accessible à partir de 14 ans.

Découvrir le spectacle sur le site du Théâtre 13

Meta : un projet d’accord pour les mineurs

Le 26 août, une coalition de procureurs généraux américains a annoncé un projet d’accord avec Meta. Le texte concerne certaines fonctionnalités d’Instagram et de Facebook et leurs effets allégués sur les enfants et les adolescents.

Pour les utilisateurs de moins de 18 ans, une limite quotidienne de deux heures et un blocage nocturne seraient activés par défaut. Le projet prévoit également de ne plus leur afficher le nombre de likes ou de réactions, de bloquer les notifications à certaines heures et d’interdire les filtres liés aux interventions esthétiques. Des outils de vérification de l’âge et de supervision parentale doivent aussi être renforcés.

Le projet prévoit jusqu’à 17 milliards de dollars de versements aux États américains sur dix ans. Il doit encore être approuvé par un tribunal et Meta ne reconnaît aucune faute.

Ces mesures concernent les États-Unis. Elles ne sont pas annoncées pour les utilisateurs français. Cet accord juridique ne démontre pas non plus, à lui seul, un lien de cause à effet entre l’utilisation des réseaux sociaux et les troubles psychiques chez les adolescents.

Lire le communiqué du procureur général de Californie

Les arts au cœur des SISM 2026

Du 5 au 18 octobre, la 37e édition des Semaines d’information sur la santé mentale aura pour thème : « Pour notre santé mentale, ouvrons-nous aux arts ».

L’argumentaire national rappelle que les pratiques artistiques mobilisent les émotions, l’imagination, les capacités sensorielles et cognitives, les interactions sociales ou encore l’activité physique. Pratiquées seul ou en groupe, elles peuvent favoriser l’expression, les rencontres et la participation sociale.

Pour les personnes vivant avec des troubles psychiques, ces pratiques peuvent également soutenir le rétablissement. Elles peuvent offrir un espace pour créer, reprendre confiance, rencontrer d’autres personnes ou retrouver une place dans un collectif.

Une pratique artistique n’est pas, en elle-même, un soin. L’art-thérapie utilise la création dans un cadre thérapeutique défini, avec un accompagnement et des objectifs spécifiques. Une sortie culturelle, un atelier artistique et une séance d’art-thérapie ne répondent donc pas nécessairement aux mêmes besoins.

Consulter l’argumentaire national des SISM 2026

Je vais bien raconte la bipolarité autrement

À partir du 7 octobre, France Télévisions diffusera sur france.tv Je vais bien, une série documentaire en quatre épisodes de vingt-six minutes consacrée à de jeunes adultes vivant avec un trouble bipolaire.

La réalisatrice Evgeniia Kashapova part de son propre parcours face au diagnostic. Elle rencontre Samuel, Cynthia et Ulysse, dont les expériences de la bipolarité sont différentes. Les épisodes abordent le diagnostic, les relations avec les proches, le travail, la possibilité de fonder une famille et la recherche d’un équilibre.

La série s’intéresse aussi aux idées reçues qui associent parfois bipolarité, créativité et génie. L’un des épisodes confronte directement ce mythe à la réalité : le trouble ne crée pas le talent et peut imposer un long travail pour retrouver une stabilité.

En mêlant témoignages, rencontres avec des psychiatres et éclairages scientifiques, Je vais bien présente des parcours de vie sans nier ni dramatiser le trouble.

Découvrir la série dans le dossier de presse de France Télévisions

15/18, une fiction préparée en pédopsychiatrie

Le 11 novembre sortira au cinéma 15/18, le nouveau film de Cédric Kahn. Il suit Lucia, 17 ans, amenée par la police dans une unité de pédopsychiatrie où tous les patients ont entre 15 et 18 ans.

Pour préparer le scénario, la coscénariste Kahina Le Querrec a passé environ six mois en immersion dans un service de pédopsychiatrie. Cédric Kahn a également passé plusieurs semaines dans une autre unité. L’écriture s’est nourrie de paroles recueillies auprès de jeunes, de professionnels et, lorsque cela était possible, de parents.

Présenté en compétition à la Mostra de Venise 2026, le film a valu à Malou Khebizi le prix Marcello-Mastroianni, qui distingue un jeune acteur ou une jeune actrice émergente.

Ce travail de terrain nourrit la fiction, sans garantir à lui seul la justesse de la représentation. La sortie du film permettra de découvrir la manière dont l’hospitalisation, les relations entre jeunes et le quotidien d’un service de pédopsychiatrie sont portés à l’écran.

Découvrir 15/18 sur le site d’Ad Vitam Distribution

Consulter le palmarès officiel de la Mostra de Venise

Des récits personnels aux espaces numériques

Théâtre, série documentaire, cinéma et SISM proposent différentes manières de parler des troubles psychiques. Plusieurs de ces actualités accordent une place centrale aux récits personnels, à la création et au travail mené auprès des personnes concernées.

Elles demandent aussi de conserver des distinctions claires. Une œuvre n’est pas un soin, une immersion ne garantit pas une représentation fidèle et une mesure annoncée ne prouve pas encore son efficacité.

Le projet d’accord avec Meta déplace cette réflexion vers les espaces numériques fréquentés par les jeunes. Il rappelle que les protections techniques, comme les représentations culturelles, doivent être examinées à partir de leurs effets concrets.

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